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Enfance : Une légende est née à Villers-perwin…

 

Arthur Grumiaux à 3 ans avec sa mamanLes parents d'Arthur GrumiauxLe registre des naissances de la maison communale de Villers-Perwin note, avec la solennité classique des actes non retranscrite ici, que, l'an 1921, le 21 mars à deux heures du matin est né Arthur-Alix-Ghislain Grumiaux.

Son père, Jean-Baptiste Grumiaux est natif de Villers-Perwin ; sa mère, Marie-Ghislaine Fichefet, dite Juliette Grumiaux, vient, elle, de Fleurus.  Le mari travaille aux Etablissements Dumont de Chassart. Lors de la 1ière guerre mondiale, il est mobilisé et restera sous les drapeaux de 1916 à 1918. Après la guerre, les deux parents seront contraints de travailler : c'est ainsi que le petit Arthur sera confié à sa grand-mère maternelle. 

 

Les récits de ses premières manifestations d’un don musical exposent le mythe Arthur Grumiaux dès son enfance. Liu-même a raconté sa "légende" non sans une petite pointe de fierté, dans une émission télévisée "Présence d'Arthur Grumiaux", réalisée en 1972 par Jacques Gossens et Jean Germain.


"Je n'avais pas cinq ans, mon grand-père maternel donnait des leçons privées; et lorsqu'un jeune élève violoniste venait pour sa leçon, je m'arrangeais pour entrer derrière lui dans la pièce en catimini. Je me cachais sous l'escalier et j'avais trouvé deux bâtons à peu près d'égale longueur et je faisais comme tous les enfants peuvent faire, je faisais le geste de jouer du violon. Mais mon grand-père avait remarqué que, si c'était une ronde, je le gardais plus longtemps, une noire, j'allais plus vite, une double croche, encore plus vite, etc... Alors, il a pensé que j'avais un certain sens du rythme. Il a décidé de m'apprendre les notes. Je ne savais pas encore lire, bien sûr. Trois semaines plus tard, j'étais dans la cour de la maison, assis par terre, et les cloches de l'église sonnaient. Je dis à mon grand-père : "Est-ce que tu pourrais dire le nom des notes de ces cloches ?" - "Non, dit-il, et toi ?" - "Moi, oui, bien sûr!". Il est allé au piano, a joué les notes que j'avais dites et c'était exact. C'est de là qu'est venue l'idée de me faire apprendre le violon, puisque j'avais l'oreille absolue".

 

Le grand-père commença à donner des leçons à son petit-fils. Au bout de deux ans, l'enfant jouait si bien que l'on céda à la tentation de lui faire donner de petits concerts. Le violoniste jouait debout sur la table d'un estaminet. Grumiaux lui-même a gardé un souvenir précis du premier vrai concert qu'il donna dans un cinéma de Fleurus, à 5 ans et demi, accompagné au piano par sa marraine et tante, Ida Fichefet. Il le raconte en 1962 dans une interview de Guy Mertens, parue dans le "Pourquoi Pas ?" du 12 octobre 1962 :  

- Votre premier récital ?
- C'est un grand mot ! Disons une exhibition, à cinq ans et demi, dans un cinéma de Fleurus, entre deux séances. Au dernier morceau, j'ai dit au public : "Si on ne se lève pas, je ne continue pas !".
- Bigre !
- Oh, ce n'était pas fatuité de ma part : je jouais la Brabançonne...
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Il entra au Conservatoire de Charleroi à l’âge de 5 ans et donna, entre 1926 et 1932, une bonne vingtaine de concerts, accompagné par le pianiste Léon Degraux. Il se produisit dans plusieurs petites villes de Wallonie. Un peu après neuf ans, il alla aussi en Flandre, à Louvain, en 1930 où il joua du violon mais aussi du piano. Grumiaux a travaillé au Conservatoire de Charleroi jusqu'à onze ans, en 1932. Il en sortit couvert de toutes les médailles possibles. Revenu à Fleurus après la distribution des prix, il est attendu par la petite ville avec grand enthousiasme et conduit à la place de l'église, où il est accueilli avec fanfare et discours...
Personne ne songeait à mettre en doute qu'il fallait l'envoyer au Conservatoire de Bruxelles.